IRVE8 avril 2024·8 min de lecture

IRVE en Océan Indien : cadre réglementaire et opportunités d'investissement 2024

Les îles de l'Océan Indien (Maurice, La Réunion, les Seychelles, Madagascar et les Comores) présentent des situations réglementaires très contrastées en matière d'infrastructure de recharge pour véhicules électriques. Analyse des opportunités et des contraintes pour les investisseurs en 2024.

Un marché régional hétérogène mais convergent

L'Océan Indien ne constitue pas un marché unifié pour l'IRVE. Chaque territoire suit sa propre trajectoire, influencée par son statut politique, son mix énergétique et son niveau de développement économique. Pourtant, une tendance commune se dessine en 2024 : l'accélération des politiques publiques en faveur de la mobilité électrique, portée par la pression climatique internationale et les engagements pris lors de la COP28 de Dubaï.

La Réunion : le marché le plus mature de la région

En tant que département et région d'outre-mer français, La Réunion bénéficie de l'intégralité du cadre réglementaire européen et français en matière d'IRVE. La directive AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation), entrée en application en avril 2024, impose des points de charge tous les 60 km sur les axes principaux, ce qui, sur une île de 2 500 km², se traduit par un maillage très dense.

Le PRERURE 2030 (Plan Régional Énergie Réunion) fixe un objectif de 50 000 VE en circulation d'ici 2030 et prévoit des appels d'offres pour le déploiement de 2 000 bornes de recharge publiques supplémentaires entre 2024 et 2026. Les subventions ADVENIR et les aides de l'ADEME sont accessibles aux opérateurs, ce qui améliore significativement la rentabilité des projets.

Maurice : cadre en construction, opportunités immédiates

Maurice a adopté en mars 2024 son Electric Vehicle Charging Infrastructure Policy, un texte qui définit pour la première fois les standards techniques (Type 2 / CCS obligatoires pour les nouvelles installations), les obligations des promoteurs immobiliers (pré-câblage obligatoire dans les nouveaux bâtiments de plus de 10 logements) et le cadre de licence pour les opérateurs de recharge.

Ce cadre réglementaire, bien qu'encore incomplet (absence d'itinérance entre opérateurs, pas de tarification encadrée), constitue un signal fort pour les investisseurs. Le premier appel d'offres public pour 50 bornes de recharge rapide (50 kW DC) sur le réseau routier national est attendu au T3 2024.

Les Seychelles : la transition la plus ambitieuse de la région

Les Seychelles ont fixé l'objectif le plus ambitieux de la région : 100 % de véhicules électriques pour les nouvelles immatriculations d'ici 2030. Avec 99 000 habitants sur 115 km², la densité du territoire facilite le déploiement d'un réseau cohérent. En 2024, le gouvernement seychellois négocie des financements avec la Banque Africaine de Développement et le Green Climate Fund pour financer 200 bornes de recharge solaires d'ici 2026.

Madagascar et les Comores : des marchés à plus long terme

Ces deux territoires présentent des défis infrastructurels (réseau électrique peu fiable, faible densité urbaine hors capitales) qui limitent le potentiel IRVE à court terme. Néanmoins, des projets pilotes émergent dans les zones touristiques (Nosy Be pour Madagascar, Moroni pour les Comores), souvent portés par des opérateurs hôteliers cherchant à valoriser leur positionnement durable.

Analyse des opportunités d'investissement

Pour un investisseur ou opérateur IRVE entrant dans la région en 2024, la stratégie optimale consiste à :

  • Prioriser La Réunion pour un premier déploiement, grâce à la visibilité réglementaire et aux aides disponibles.
  • Positionner Maurice comme deuxième marché, en anticipant les appels d'offres publics et en nouant des partenariats avec les grands acteurs immobiliers et hôteliers.
  • Surveiller les Seychelles pour un positionnement sur les appels d'offres financés par les bailleurs multilatéraux.

Les retours sur investissement typiques pour une borne de recharge en milieu urbain dense se situent entre 6 et 10 ans selon le niveau d'utilisation et le modèle tarifaire. Le B2B (flottes d'entreprises, hôtels, gestionnaires de parking) offre généralement un ROI plus rapide que le B2C.

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