Les Émirats Arabes Unis : champion mondial de la régulation crypto
En 2025, les Émirats Arabes Unis se distinguent comme l'une des juridictions les plus sophistiquées au monde pour les actifs numériques. Deux régulateurs coexistent, créant un choix stratégique pour les entreprises :
VARA (Virtual Assets Regulatory Authority) à Dubaï : créée en 2022, VARA est la première autorité dédiée aux actifs virtuels au niveau d'un gouvernement local (émirat de Dubaï). Elle délivre des licences pour les exchanges, custodians, brokers et gestionnaires d'actifs virtuels. En 2024, VARA a accordé des licences à des acteurs comme Binance, OKX et plusieurs exchanges régionaux, légitimant Dubaï comme hub crypto majeur.
ADGM (Abu Dhabi Global Market) : la zone franche financière d'Abu Dhabi, via son régulateur FSRA, offre un cadre alternatif orienté vers les acteurs institutionnels et les fintechs haut de gamme. ADGM attire des acteurs comme Anchorage Digital (custody institutionnel) et plusieurs gestionnaires d'actifs numériques opérant pour des fonds souverains de la région.
L'Arabie Saoudite : un marché en cours d'ouverture
L'Arabie Saoudite a adopté une posture plus prudente que les Émirats, mais le mouvement vers la régulation des actifs numériques est enclenché. La Saudi Arabian Monetary Authority (SAMA) et la Capital Market Authority (CMA) travaillent conjointement sur un cadre crypto qui devrait être finalisé en 2025-2026. Des acteurs comme Rain (exchange basé à Bahreïn, agréé par la CMA saoudienne) opèrent déjà dans le marché saoudien.
Le potentiel est considérable : avec une population de 35 millions d'habitants dont 60 % a moins de 35 ans, l'Arabie Saoudite représente un marché de détail crypto significatif, actuellement sous-servi par des acteurs agréés.
Les cas d'usage spécifiques au Golfe
- Tokenisation d'actifs immobiliers : le marché immobilier du Golfe (Dubai, Abu Dhabi, Riyad) est l'un des plus actifs au monde. La tokenisation d'actifs immobiliers de prestige permet d'attirer des investisseurs internationaux avec des tickets d'entrée réduits. Des plateformes comme VARA-regulated Propy ou des acteurs locaux comme Realiste structurent ces transactions à Dubaï.
- Sukuk tokenisés : les sukuk (obligations conformes à la charia) sont un instrument financier majeur dans la région. La tokenisation des sukuk sur blockchain réduit les coûts d'émission et améliore la liquidité secondaire, ce qui est particulièrement pertinent pour le marché du Golfe et la diaspora musulmane mondiale.
- Stablecoins en dirham : la Banque Centrale des Émirats a lancé le projet Digital Dirham (CBDC) en 2023. Des acteurs privés explorent également l'émission de stablecoins adossés au dirham sous licence VARA, pour faciliter les paiements transfrontaliers dans la région MENA et avec l'Asie du Sud.
- Transferts de fonds vers l'Asie du Sud : les Émirats comptent 3 millions de travailleurs expatriés d'Asie du Sud (Inde, Pakistan, Bangladesh, Philippines) qui envoient des remittances dans leurs pays d'origine. Les solutions crypto offrent des frais 5 à 10 fois inférieurs aux canaux traditionnels.
Pourquoi le Golfe est un hub stratégique pour les acteurs francophones
Pour les entreprises françaises, mauriciennes ou africaines opérant dans le secteur des actifs numériques, le Golfe présente plusieurs avantages stratégiques : l'absence d'impôt sur les plus-values et les revenus dans la plupart des Émirats, un accès facilité aux marchés d'Asie du Sud et d'Afrique de l'Est (via la diaspora et les corridors commerciaux), et la possibilité d'opérer avec un cadre réglementaire reconnu internationalement tout en restant dans un fuseau horaire intermédiaire entre l'Europe et l'Asie.
MASOF Consulting accompagne les acteurs des actifs numériques dans leur stratégie d'implantation dans le Golfe : sélection de la juridiction (VARA vs ADGM vs Bahreïn), structuration juridique, identification de partenaires locaux et introduction auprès des investisseurs régionaux.