La mobilité en Afrique de l'Est : un secteur sous tension
Nairobi, Dar es Salaam et Kampala figurent régulièrement parmi les villes les plus embouteillées d'Afrique. La pollution atmosphérique liée au trafic constitue un enjeu de santé publique majeur : selon l'OMS, Nairobi dépasse régulièrement les seuils recommandés de PM2.5. La flotte automobile est dominée par des véhicules d'occasion importés du Japon (matatus, boda-bodas), souvent anciens et fortement émetteurs.
Dans ce contexte, la mobilité électrique représente une opportunité de rupture, et les gouvernements est-africains commencent à le reconnaître, portés par des engagements climatiques (NDC, COP) et des financements multilatéraux.
Le Kenya : pionnier régional de l'électromobilité
Le Kenya dispose d'atouts uniques pour le développement de la mobilité électrique. Son mix électrique est déjà 90 % renouvelable (géothermique, hydraulique, éolien), ce qui confère aux VE un bilan carbone exceptionnel. Le gouvernement kenyan a adopté en 2023 une Politique Nationale de Mobilité Électrique exonérant les VE de droits d'importation et les équipements IRVE de TVA.
Les initiatives concrètes se multiplient : BasiGo déploie des bus électriques sur les lignes Nairobi-Thika et Nairobi-Limuru, Roam (anciennement Opibus) produit des motos et bus électriques localement, et KPLC (Kenya Power) a installé les premières bornes de recharge publiques à Nairobi en partenariat avec des opérateurs privés.
La Tanzanie et l'Ouganda : des marchés en développement
La Tanzanie présente un potentiel significatif, notamment autour de Dar es Salaam et dans le corridor touristique Arusha-Kilimandjaro. Le gouvernement tanzanien a signé un accord avec Volkswagen South Africa pour l'introduction de VE dans le parc gouvernemental, créant un signal fort pour le marché. En Ouganda, des pilotes de recharge solaire pour motos électriques (dominant au Kenya et en Ouganda) sont en cours dans les corridors péri-urbains de Kampala.
Les modèles d'affaires adaptés au contexte est-africain
Les modèles IRVE européens ne sont pas directement transposables en Afrique de l'Est. Le coût d'achat d'un VE reste prohibitif pour la majorité de la population, ce qui oriente le marché vers :
- Les flottes B2B : taxis, VTC, bus de transport de travailleurs, véhicules de livraison. Ces flottes permettent une économie d'échelle et un ROI plus rapide.
- Le battery swapping (échange de batteries) : adapté aux motos électriques (boda-bodas au Kenya, piki-pikis en Tanzanie), ce modèle évite le coût d'une recharge rapide et résout le problème de l'autonomie.
- Les bornes solaires hors réseau : dans les zones péri-urbaines mal desservies par le réseau électrique, des solutions autonomes (PV + stockage + borne) permettent de s'affranchir de l'infrastructure existante.
MASOF Consulting accompagne les investisseurs et opérateurs souhaitant se positionner sur le marché est-africain de l'IRVE avec une compréhension fine des dynamiques locales et des financements multilatéraux disponibles (Africa Development Bank, Green Climate Fund, PIDG).